Genre : Science fiction, Fantastique
Durée : 2h10
Sortie cinéma française : 19 avril 2006
Nationalité : Film américain
Tous public
Londres, au 21ème siècle...
Evey Hammond ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n'aspirait qu'à l'anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans.
Une nuit, alors que deux "gardiens de l'ordre" s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur. Et rien ne fut plus comme avant.
Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de "V". Evey ne connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d'une vie sans amour...
Non, Hollywood n'en a pas encore fini avec les histoires de supers héros et avec les blockbusters adaptés de bandes dessinées éditées sous la forme d'une série d'aventure que l'on retrouve souvent de manière mensuelle ou trimestrielle, et depuis bien des décennies, comme celles issues de Marvel, de Comics ou de DC Comics.
Cependant, pourquoi les studios américains devraient-ils mettre un terme à ce phénomène cinématographique si lucratif, qui malgré quelques rares échecs commerciaux (Catwoman, Elektra), s'avèrent très souvent à l'origine de bénéfices considérables pour les producteurs comme en témoignent les très plébiscités, mais également très rentables X-Men, Spider-man, Blade ou Batman.
Après la transposition tout à fait réussie du monde des mutants à celui du cinéma grâce aux films X-Men, signés Bryan Singer, puis l'implication très personnelle de Sam Raimi dans l'entreprise, menée à la perfection, de ressusciter l'homme araignée pour le septième art, ou encore la vision très sombre et cynique de Hellboy, née sous la direction de Guillermo Del Toro, c'est cette fois-ci, une partie de l'équipe à l'origine de la trilogie Matrix qui s'est attelée à l'adaptation cinématographique d'une bande dessinée. V pour Vendetta s'affiche ainsi comme l'interprétation cinématographique de la bande dessinée éponyme, créée en 1981, plus célèbre aux Etats-Unis qu'en France, mais qui devrait rapidement trouver son public dans l'hexagone à la suite de ce film. Ecrit par les frères Wachowski dont la notoriété repose essentiellement sur la trilogie Matrix, devenue culte, et la réalisation confiée à James McTeigue, l'assistant réalisateur de cette même saga, garantissent déjà à V pour Vendetta un critère de qualité s'appuyant sur une équipe gagnante. Et le résultat est loin de se montrer décevant, bien au contraire, il parvient à atteindre toutes nos espérances aussi bien sur le fond que sur la forme. Tout d'abord, grâce à un scénario de science-fiction brillamment rédigé et respectant scrupuleusement les grandes lignes de la bande dessinée originelle, cette nouvelle production des frères Wachowski se révèle tout simplement captivante et entraîne le spectateur avec entrain et beaucoup de rythme dans une intrigue à policière et fantastique aussi mystérieuse que passionnante. Bien évidemment, composé d'un certain suspense angoissant en raison de son trame énigmatique et d'une bonne d'adrénaline grâce à l'ajout de quelques scènes d'action, pimentées par des combats comme on les aime, V pour Vendetta a de quoi séduire un large public, aussi bien attiré par les films dans lesquels on ne s'ennuie pas, que les amateurs de l'oeuvre originale. Néanmoins, il faut se méfier des apparences et ceux qui ne réclament que de l'action risquent de rester sur leur faim, car V pour Vendetta privilégie la réflexion et l'intelligence, et accorde une place bien inférieure aux scènes de combat et aux cascades spectaculaires que bon nombres d'oeuvres habituelles relatant les aventures des supers héros. Doté à la fois, de nombreuses références à l'histoire de l'humanité et notamment à l'idéologie nazie, de même et surtout qu'une vision pessimiste de l'homme et de sa volonté hégémonique ou sa soif de pouvoir, ce film semble s'éloigner amplement du divertissement pour laisser place à un film engagé, et pertinent qui dénonce l'abus, les escroqueries et la corruptions au niveau gouvernemental. Cette accusation contre l'état qui tente de s'imposer et surtout de s'enrichir toujours plus, n'est pas nouvelle, c'est certain, et le fait de décrire une situation future dans laquelle l'état règne à la manière d'une dictature et à l'encontre de la liberté n'est pas novatrice non plus, mais elle demeure convaincante et troublante. Et cette impression est d'autant plus présente que si les prémices de la mise en place d'une telle politique arbitraire semblent encore faire parti de l'impossible, le film insiste sur l'une des influences mondiales actuelles dont l'état, quelque soit le pays, dirige presque totalement, ce sont bien évidemment, les médias qui malgré les lois demeurent, très souvent censurées. L'un des autres aspects très intéressants de cette oeuvre, est indubitablement d'aborder les actes et les personnages de façon à induire la réflexion et les débats puisque les limites du terrorisme et de l'héroïsme, du bien et du mal s'affrontent souvent, sans jamais condamner l'un ni l'autre, mais en posant des questions et en suscitant, de ce fait, un intérêt philosophique. Par ailleurs, V pour Vendetta se dévoile comme un film visuellement très travaillé. C'est notamment la mise en scène très stylisée et parfaitement maîtrisée de James McTeigue qui permet au film d'être ancrer plus facilement dans le sujet. Et si l'on sent très nettement l'inspiration post-Matrix se concrétiser, ici, au risque de paraître parfois désuet après d'innombrables films ayant repris, par exemple, l'effet bullet time (ralentis à la Matrix), nombreux angles de caméras sont d'une telle beauté que l'on en oublie les petits défauts. D'autre part, la photographie particulièrement sombre maintient une impression de technique irréprochable. V pour Vendetta s'apparente ainsi à un film très réussi sur tous les plans, mais dont les acteurs, pourtant d'ordinaire très à l'aise comme Natalie Portman (Stars Wars 3, Garden State), qui manquent cruellement de conviction et de vivacité plomberaient presque tous les efforts fournis par l'équipe technique.